Etonnante nouvelle quand même que la suppression de la ligne directe Cayenne-Macapa, en catimini, et seulement mise au jour par Brasilyane (plus d'une semaine avant les grands médias, qui jusque là s'en fichaient), grâce aux brasilonautes qui étaient allés se casser le nez dans les agences de voyage locales.
Alors qu'on n'a cessé de nous vanter les mérites de l'intégration régionale, il est plutôt triste de constater qu'aujourd'hui, on ne peut plus prendre un avion direct pour les deux capitales les plus proches de la Guyane: ni Paramaribo, ni Macapa ne sont plus desservis.
Et pas un mot du monde politique local là-dessus. Ni en Guyane, ni à Macapa, où la presse n'a pas encore annoncé la nouvelle (ils n'ont qu'à lire Brasilyane, tiens!). Soit qu'ils l'ignorent, soit qu'ils s'en fichent.
Dans les deux cas, c'est grave. Et pourtant, on va bien vite se rendre compte des conséquences terribles de ce "trou d'air". -Les guyano-amapaenses sont très nombreux. A l'approche des fêtes de fin d'année, on pouvait rêver meilleur cadeau qu'une explosion du prix des billets d'avion, ou une durée de voyage pouvant facilement dépasser les 24h (la route se dégrade déjà par la pluie, avant même que le trafic n'aie commencé à augmenter, ce qu'il fera inéluctablement!). -On peut s'attendre à une inflation redoutable sur le prix des passages en 4x4 d'Oiapoque à Macapa, et à l'usure très rapide des ponts de bois qui jalonnent encore une grande partie de la route.
Trop de gens vont prendre cette route, qui n'est pas prête. C'est extrèmement dangereux, quand on connaît les conditions de circulation sur celle-ci, et les précipices qui la bordent en certains endroits. - De nombreux entrepreneurs (comme celui vu sur RFO ce soir, mais bien d'autres sont concernés) vont se retrouver avec de grandes difficultés à faire tourner leurs affaires des deux côtés de la frontière.
C'est ce week-end, ironiquement, que s'ouvrait la foire exposition annuelle de Macapa, où les chefs d'entreprises des deux rives ont tout à gagner à se rencontrer. Ça ne va pas être simple cette année! -Les jours et horaires choisis par la TAF pour se conformer aux exigences d'Air Caraïbes (partage de code sur les billets) ne vont arranger personne, à part les Antillais en promenade: Correspondances très difficiles, week-end impossibles à Belém sans la chance d'avoir son lundi libre... Y'a pas, on a vraiment pris soin de s'inquiéter de l'usager!
Bref, des familles séparées par un océan de boue, des chefs d'entreprises déstabilisés, une Guyane qui prétend s'émanciper en se coupant de ses incontournables voisins, exclusivement obnubilée par ses liaisons avec les Antilles et la Métropole (quand on revendique plus d'autonomie, c'est amusant!)... Le progrès est en marche.








